Qu'est-ce que l'homophobie?
L'homophobie est une attitude, un sentiment, un malaise ou une aversion envers les personnes homosexuelles ou envers l'homosexualité en général.
Cette définition permet de reconnaître les deux visages de l'homophobie, c'est-à-dire l'homophobie qui vise l'individu et l'homophobie qui vise l'état d'être homosexuel. Bien que l'homophobie ait toujours existé, ce n'est que tout récemment que l'on a commencé à lui donner un nom et, surtout, à réaliser qu'elle constituait une attitude inacceptable dans une société civilisée, au même titre que le sexisme, le racisme ou la xénophobie.
L'homophobie existe encore dans notre monde... Une solution à envisager serait de faire des campagnes dans les milieus scolaires car beaucoups de jeunes pensent que l'homosexualite est une maladie et Il n'y a rien de pire que l'ignorance, car elle génère de la peur et des préjugés qui finissent par des actes discriminatoires, (jusqu'à l'agression).
Selon un sondage américain récent cité par l'universitaire, 85 % des jeunes homosexuels sont harcelés à l'école, 40 % sont agressés physiquement et la haine dont ils sont victimes est le fait de professeurs et du personnel dans 25 % des cas! Quatre sur cinq n'a pas trouvé d'aide quand ils en ont eu besoin.
Comment? En formant les professeurs et le personnel, en impliquant les parents, en établissant des politiques d'établissement de comportements non-discriminatoires, en incluant les réalités gais et lesbiennes dans les cours d'éducation sexuelle ou autre, en diffusant l'information, en mettant en évidence les conséquences de l'homophobie et en soutenant les jeunes et les profs homosexuels afin que ces derniers servent de modèles.
En semant chez les jeunes, non seulement on récoltera dans le futur, mais il y aura aussi des « résultats secondaires ». Car s'il y a ce qu'on emmène de la maison à l'école, il y a aussi ce qu'on ramène de l'école à la maison pour faire comprendre « aux parents ». (Paul Gosselin ©2003)
Sébastien Nouchet
Noeux-les-mines est une commune d'une dizaine de milliers d'habitants, située au coeur du Pas de Calais, non loin de Lens. Depuis janvier 2001, Patrice Jondreville et son ami Sébastien Nouchet ont décidé d'y résider et de quitter Salon de Provence pour des raisons professionnelles. Tout se passe pour le mieux jusqu'à ce 31 octobre 2001, où Sébastien, est roué de coups par deux individus qui veulent lui voler sa voiture. Ses agresseurs sont identifiés et l'un des deux est condamné. C'est alors que commence un acharnement sans limites contre le couple. Leurs agresseurs passent des insultes homophobes aux agressions physiques : coup de cutter au visage, des hommes encagoulés qui s'introduisent chez Sébastien pendant que Patrice est parti travailler et tentent de l'étrangler. A chaque fois des plaintes sont déposées et à chaque fois des représailles s'en suivent. Le couple accepte même de tenir tête à leurs agresseurs à chaque procès.
Début 2004, Patrice reçoit même des menaces de mort sur son portable. « Comment ont-ils pu avoir mon numéro ? » se demande Patrice. Personne ne le sait. Ce qui s'est déroulé après témoigne de la gravité des faits. Le 14 janvier 2004, Sébastien Nouchet est aspergé d'essence et brûlé vif alors qu'il est dans son jardin. C'est un voisin alerté par ses cris, qui viendra éteindre les flammes. Le jeune homme est plongé dans un coma artificiel pour atténuer sa douleur. Aujourd'hui, il vient d'en sortir et communique par battements de paupières. Son ami avoue être très inquiet quant à leur avenir. Sébastien retrouvera-t-il une mobilité - il était déjà invalide avant le drame - ? Sébastien et Patrice pourront-ils de nouveau vivre sereinement, à l'abris de cette haine homophobe qui les a poursuivie deux ans durant malgré la justice ? Dans l'immédiat, il est impossible de répondre à leurs interrogations.
Quelques notions pour expliquer l'homophobie et la lesbophobie.
Il est aujourd'hui évident que la violence homophobe a atteint un stade critique car, du « les pédés au bûcher », scandé dans des manifs Anti-PACS, aujourd'hui les actes ont succédé aux paroles. Cependant, ce drame ne nous surprend malheureusement pas puisque selon l'observatoire de SOS HOMOPHOBIE, le nombre des agressions physiques sur personnes homosexuelles, transsexuelles, bisexuelles ou lesbiennes est en pleine recrudescence en France.
Selon le juriste Daniel Borillo, auteur d'un excellent Que sais-je sur l'homophobie, l'homophobie masculine ne touche pas uniquement les homosexuels, mais aussi les hétérosexuels efféminés ou les femmes masculines (« garçon manqué »). Sont insultés de « pédés », de « tarlouzes » tous ceux dont la sensibilité diverge de ce que la norme semble exiger des hommes : « un homme ne doit pas pleurer », « un homme doit se battre », « un homme (un vrai) ne doit surtout pas aimer la danse ou toute autre activité du même type qui sont réservées aux femmes ». Que fait-on lorsque un gamin, à peine âgé d'une dizaine d'années déclare à une personne (ma mère) qu'il ne connaît pas, en la croisant dans un supermarché « les tortues ninja ? c'est normal que tu ne connaisses pas, c'est pas un truc de chochotte ! ! ». De plus, certains hommes ne supportent pas les personnes qui en aiment d'autres du même sexe, puisque celles-ci ne participent pas à la reproduction de l'espèce Cette survie de l'espèce dont le capitalisme et l'économie de marché est le premier bénéficiaire.
Les causes de cette homophobie
On pourrait se demander si cette violence et cette haine, que certains transmettent à leurs enfants, ne vient pas du fait, que réaffirmer leur virilité est l'ultime façon pour eux d'exister dans cette société à bout de souffle, qui n'engendre que la misère, intellectuelle et culturelle et qui encourage le communautarisme.
Ce n'est pas un hasard si, face à l'agression de Sébastien Nouchet, l'Elysée a mis près d'un mois avant de réagir et si aucune loi n'est prévue contre les agressions homophobes (voir plus bas). Ce n'est pas un hasard si le gouvernement a fait voté une loi sur le foulard, injuste, raciste, discriminatoire et liberticide envers l'ensemble de la communauté musulmane. Ce n'est enfin pas un hasard, si les médias n'ont cessé de parler de Dieudonné et de son « dérapage » à la télévision. Comme l'a dit à juste titre Christine Delphy lors du meeting du Collectif une école pour tou-t-es : « le premier mal de ce pays, après le sexisme c'est le racisme ! », en effet et on pourrait d'ailleurs y ajouter : « le premier mal de ce pays après le sexisme et le racisme, c'est l'homophobie ! ».
Le terme « homophobie » n'a été ajouté au Petit Robert qu'en 1999 et à la minute où je tape ce texte le correcteur Microsoft Word ne le reconnaît toujours pas.
Une loi en préparation
La loi actuellement prévue par le gouvernement pour « lutter contre l'homophobie » est une loi qui envisagerait de pénaliser les propos homophobes sans pour autant leurs donner le même statut que les propos racistes ou antisémites. En effet, il serait considéré par la loi « plus grave » de commettre un crime raciste que homophobe. Nous ne pouvons pas accepter une fois de plus une loi au rabais. En effet, cela nous encrerait une fois de plus dans la différence. Cela légitimerait les propos homophobes puisque la loi considéraient ceux-ci comme inférieurement graves aux propos racistes. Nous exigeons donc, qu'une vraie loi soit votée, une loi qui pénaliserait les propos homophobes au même titre que les propos racistes. Nous exigeons aussi, que soit ajoutée à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits quelque soit leur orientation sexuelle et leur genre » pour que soit effectué autour de ce cadre, un vrai travail pour lutter contre l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie.